Dans le village isolé des collines portugaises.

Là où les dizaines de chemins serpentent au milieu des eucalyptus,
Là où il gardait les moutons en reprisant des chaussettes comme sa grand mère lui avait appris, 
Là où son grand père battait le blé au fléau,
Là où il a appris à nager à la rivière avec ses copains,

Là où il y avait 12 enfants pour 6 niveaux à l'unique école,

Là où sa mère lave le linge,
Là où il posait des pièges à oiseaux,

Là où ils posaient des filets à poissons la nuit,
Là où les gens connaissent les limites et les propriétaires de tous les minuscules terrains,
Là où les oliviers prennent racines,

Là où la rivière serpente dans la vallée,
Là où ses parents récoltaient la résine des pins avant l'incendie,
Là où sa grand mère amenait les chèvres en pâture,
Là où la vue est à couper le souffle,

Là où la rue est trop étroite pour passer en voiture,
Là où les gens s'occupent des anciens,

Là où on va boire le café au café après le repas,
Là où les gens habitent à côté de toute leur famille,
Là où les gens ne font pas d'études,
Là où les gens retirent leurs enfants de l'école à 16 ans pour les envoyer travailler,
Là où les femmes servent les hommes à table,

Là où on ne lui dit pas parfois pas bonjour,

Là où les jeunes ont fuit vers d'autres horizons,

Là où il n'y a pas d'autre travail que de vivre de la terre,

Là il n'y a pas d'avenir,

Là où une etincelle embrase tout en un instant et bouscoule des vies entières.

Cet été nos filles ont marché sur ces traces, ces racines. Elles se sont baignées dans la rivière, ont visité l'école de leur père, grimpé aux mêmes oliviers et cheminé sur les mêmes sentiers. Se sont senties grandes en se promenant seules dans les ruelles du village, elles sont allées aux fêtes de village immuables.

Apprendre leurs racines, le passé de leur père, s'ancrer dans ce sol qui est à moitié le leur.