Déjà, je te préviens, si tu es un homme et que tu veux ravoir une érection un jour, ne lis pas ça. Si tu es une femme, tu peux rester, mais t'es pas obligée, ce n'est pas trop interessant. Si tu es en cloque, ça pourra te donner des informations sur le glamour déroulement d'un accouchement.

Et si tu veux des infos sur une césarienne, c'est par là.

Et il faut croire que ça interesse des gens puisque c'est un des articles les plus lus, avec celui sur Capital Koala.

Déjà, à la base, mon gynéco est gentil, et il est comme j'aime, expéditif avec les frottis et autres joyeusetés (QUI aime faire la conversation foune à l'air et cuisses écartées, hein??), mais il prend son temps pour les grossesses. Et mon gynéco, au 6ème mois, m'a annoncé que ma fille avait la tête en bas (je le savais, hein, rapport aux pieds dans les côtes toussa toussa) et que du coup si elle restait comme ça, on pouvait envisager un accouchement par voie naturelle. Les bas de contention m'en sont tombés. Déjà j'étais persuadée que ma fille allait se débrouiller pour faire un triple salto arrière dans mon utérus biscornu et que je n'allais pas avoir cette chance, mais la coquine était déjà bien coincée. J'ai aussitôt posé la question "mais j'ai droit à la péridurale avec 1/mon utérus bicorne et 2/une cicatrice de césarienne?" Parce que je peux te dire, je préfère qu'on me tranche le bide en deux et qu'on me passe l'aspirateur dedans que d'imaginer une tête de bébé sortir de mon tout petit itsi bitsi tini ouini, tout petit, petit vagin sans une bonne dose d'anesthésiant.

MAis oui mais oui sans soucis, qu'il m'a dit, ils dosent un chouilla moins la péridurale et de toute façon les sages femmes ont d'autres moyen que la douleur atroce d'une cicatrice qui pête pour détecter une cicatrice qui pête. La seule chose est que je n'aurais pas droit à un déclenchement en cas de rupture des eaux sans travail ou de dépassement du terme devine laquelle de ces possibilités j'ai choisi trop LOL. Case césa, ne passez pas par la case accouchement, ne touchez pas 20000 euros.

Visite chez l'anesthésiste, ok, et me voilà avec le sésame de l'accouchement normal avec péridurale. MOI, dans ma famille de nullissimes en accouchement voie basse bordel je pense aux vaches de mon père quand j'écris voie basse j'allais peut être être la première à ne pas connaitre que la césarienne, youhouuuuuuuuuu!!!

J'ai juste appris 3 jours avant d'accoucher qu'une connasse d'anesthésiste de la mater refusait la péri aux utérus cicatriciels, à mon avis pour éviter d'être dérangée lors de ses astreintes, alors je peux te dire que j'ai demandé ses jours de garde et que j'étais prête à faire un carnage pour avoir l'anesthésiste de remplacement au cas z'où... (il y a TOUJOURS un anesth de remplacement, sache le, jeune padawan de l'anesthésie)

Attendre bébé, déjà c'était nouveau pour moi, ma césa avait été programmée à 8 mois pour éviter que le travail commence. Me v'là donc à attendre bébé, bon j'ai joué un ptit peu avec le feu, je n'ai pas préparé ma valise, je m'en foutais royal parce que j'étais persuadée de ne pas accoucher trop avant terme. J'ai programmé des soirées, j'ai reçu des copains. La semaine de mon accouchement, le mercredi soir on était 14 à la maison. Le jeudi je lessivais mes murs. Le vendredi des copains sont arrivés pour passer le we à la maison. Le dimanche je me suis dit "ok maintenant je peux desserrer les cuisses" (4 jours avant terme) et 3h plus tard... j'ai senti des droles de trucs dans ma culotte. Oui oui, messieurs, on va commencer dans le glamour et les fonds de culottes, tu peux sortir maintenant. Après le départ de nos copains Chéri devait aller préparer des trucs pour un chantier le lendemain. On y est allés tranquillement, j'ai posé mes grosses fesses sur une pierre, puis je me suis dit que cette pierre était bien froide, ou alors encore un peu humide. Ou alors... mais je me suis bien gardée de dire quelque chose vu que la belle mère était là elle est toujours là, partout Une petite heure plus tard, j'ai pretexté être super fatiguée pour rentrer, et en sortant de la voiture, une sensation d'humidité encore. Une bonne douche plus tard, chéri avait préparé à manger et ma culotte s'étant re-humidifiée, je lui ai dit de manger et qu'ensuite on pourrait aller faire un petit tour à la maternité. Le temps de préparer un mini sac pour la grande, on l'a déposée chez tatie, ravie, non pas parce qu'elle allait avoir une petite soeur mais parce qu'elle allait dormir avec sa couz.

Arrivée à la maternité, pipi dans le pot, pesée du bestiau, blouse qui aère les fesses et monito. Et pour nous un petit test pour savoir si j'avais bien fissuré la poche des eaux... et c'est gagnéééééééé! Et premier doigt dans mon intimité si je savais à ce moment là qu'on allait me mettre des mains entières et des doigts ailleurs... aaah l'innocence! Ma première question a été " QUI EST L'ANESTH DE GARDE?????" Ouf, la connasse qui aime faire souffrir les femmes pour rien était partie en vacances la veille.

En bref, fissure de la poche des eaux, pas de travail, pas l'ombre d'une contraction. Autant dire que là, j'ai vu la césarienne cette pute se rapprocher à grands pas. Les contractions légères ont commencé 2h après sans rien faire bouger.
A minuit la SF pas aimable m'a remisée dans une chambre de la maternité sans rien m'expliquer. Quand j'ai compris qu'elle comptait nous laisser là sans rien nous dire, j'ai quand même demandé la suite du programme. Monito, vérification du col dans la nuit? On viendra voir l'évolution demain matin, qu'elle m'a dit en grognant. Connasse. Excuse, hein, mais je n'ai jamais prononcé autant de gros mots que le jour de mon accouchement.  Heureusement les SF suivantes n'avait rien à voir avec celle là. Au fil de la nuit, les contractions se sont durcies au point de me réveiller à chaque fois que j'arrivais à somnoler, toutes les 5 à 10 minutes. Autant dire que je pensais qu'au petit matin j'allais être à AU MOINS 4 ou 5 doigts. Que dalle. 2, un putain de 2 alors que j'avais passé la nuit à souffrir pendant que Chéri ronflait tranquillou sur le fauteuil. Le matin, la gentille SF m'a filé des médocs pour me soulager un peu, ELLE, j'ai donc pu roupiller un peu entre deux séances de ballons, d'escaliers et monitos. Mon gynéco est passé faire coucou et m'a annoncé avec l'air d'un chien battu que le lendemain matin si je n'avais pas accouché je serais bonne pour la césa. Il a traité mes contractions de contractouilles, le salaupiaud. Moi qui m'appliquait à avoir mal. A 17h, encore un monito, presque 24h depuis l'arrivée à la mater, autant dire que j'avais fait une croix sur mon accouchement et que je sentais l'acier du scalpel se rapprocher de mon intimité.

Pis là, **POC** GLOUGLOUGLOUGLOUGLOU. Ouais, c'est la sensation que j'ai eue. J'ai eu l'impression qu'on avait fait sauter une bouteille de champagne entre mes cuisses quand ma poche des eaux s'est rompue. Je peux te dire que j'ai fait un bond de 3 mètres sur la table d'accouchement et que je me suis empressée de regarder si je n'avais pas perdu 10 litres de sang tellement j'étais surprise. Et là, misèèèèèèèèèèèèreuh. Les vraies contractions sont arrivées. Celles qui font décoller l'aiguille du monito, celles qui te font te rouler par terre en pleurant ta mère, celles qui te font jurer comme un charretier, jamais autant de *PUTAIN DE BORDEL DE SA RACE* ne sont sortis de ma bouche. Ouais, ok, j'avais des contractouilles, monsieur gynéco. Pis avec la poche des eaux percée, il y a le niagara qui s'écoule entre tes cuisses à chaque contraction, c'est un délice. Va trouver une position "confortable" pour les contractions quand tu risques de glisser dans une flaque à chaque mouvement. Mais COMMENT mon corps peut produire autant de flotte pendant des heures? J'ai largement entamé le stock d'alèses de la salle. Puis on a inauguré une nouvelle fois avec Chéri, il faut innover dans le couple, j'ai vomi devant lui. Tellement les contractions me retournaient le bide. Au bout de 4h à me faire blanchir les jointures en me cramponnant au lit, j'avais des contractions toutes les 90 secondes. C'est à dire, tu n'as pas le temps de souffler quand la contraction part car la suivante est déjà là. COOOOOOOOOOOOOOOL. La nouvelle nouvelle SF est arrivée (3ème équipe, 30h de présence, youhou) pour me dire que je n'étais dilatée qu'à 3. Un PUTAIN de 3. UN SEUL PUTAIN de centimètre en 4h de souffrance. Mais DIEU venait d'arriver dans le service. La déesse de l'aiguille, vas-y ma poule, plante-là moi ton aiguille de 20 cms, tu devrais me l'enfoncer dans l'anus que je dirais oui. Franchement douleur pour la pose de péridurale? 0.5/10, rien comparé à des contractions. Ce qui est très très pénible: ne pas bouger d'un poil lors des 3 contractions pendant la pose. Affreux de ne pas pouvoir se soulager en tortillant. Et cinq minutes plus tard, le nirvana absolu, des contractions sur le monito et AUCUNE douleur. La péridurale mérite le prix nobel, franchement. Surtout au bout de 30h, je suis sûre que je planais quelques centimètres au dessus de la table. Remarque je n'aurais pas pu m'envoler très haut avec tous les cables qui me reliaient à des machines. Le monito pour le coeur de bébé et les contractions, le truc sur le doigt pour mon coeur à moi, et le cathéter de péri branché sur la pompe. Plus un tensiomètre de temps en temps.

Là, il n'y avait plus qu'à attendre. A priori les contractions se sont ralenties un peu donc la SF m'a mis une sonde direct dans l'utérus puis scotché un fil à ma cuisse, mais là c'est tellement flou dans ma tête que je ne même plus ce qu'elle m'a expliqué... Je comatais à fond entre la fatigue et la péri. Toujours est-il que je me suis sentie branchée de vraiment partout.

Puis on a attendu, encore... jusqu'à dilation complète, environ 3h plus tard. Mais la petite ne descendait pas, alors on a testé d'autres positions pour la faire descendre, et une fois allongée sur le côté, dans la position très glamour sur-le-côté-la-jambe-d'en-bas-en-arrière-et-l'autre-dans-l'étrier, j'ai bien senti quelque chose... tu veux savoir? J'ai eu l'impression qu'on me s*d*misait avec du fil de fer barbelé, tout à fait. La SF elle m'a dit "C'est bon signe que ça tire là". Entre ça et une douleur assez atroce au niveau de la sciatique je n'ai pas tenu la position plus de 20 minutes, donc l'équipe s'est installée pour -enfin- me faire pousser. Au bout d'à peine 36h d'échauffements, le marathon commençait.

A partir de là, j'étais teeeeeellement concentrée sur mon but -expulser bébé sans finir en césa- que j'ai poussé comme une dingue. Une première poussée "découverte" pour savoir comment bien faire, et après roule ma poule. Une poussée, un pschitt d'eau dans la bouche par chéri (mais POURQUOI ils nous empêchent de boire bordel??) , une respiration, une poussée. A chaque fois que j'entendais le coeur de la pépette trop ralentir et l'équipe lancer des regards au monito je flippais d'entendre le mot "bloc". Ca a duré trèèèèèèèèèès longtemps, j'ai poussé un nombre incalculable de fois (bénies sont celles qui poussent 3 fois)... J'ai eu droit à une épisio, on ne sent pas grand chose, ça brûle un peu mais rien d'insupportable. Et 49 minutes après les premières poussées, j'ai expulsé la plus belle petite fille du monde, et j'étais tellement concentrée sur la poussée que je n'ai pas compris quand la SF m'a proposé de l'attraper. C'est chéri qui m'a ramené sur terre. C'est ça la grande différence avec la césa, l'impression de la "mise au monde", rien à voir, la fierté d'avoir accouché, le bébé sur le ventre, le papa à côté pour vivre ce moment. Il y en a qui pleurent, moi je souriais comme une débile.

Puis après quelques instants de bonheur total, Chéri est parti assister aux soins de sa fille, fier comme un pou. Là j'ai senti que j'avais super mal aux doigts de m'être tenue pour pousser, et mal aux bras aussi. Puis il a fallu se remettre au boulot pour expulser le placenta... c'était sans compter avec mon utérus pourri qui s'est rétracté en faisant ventouse. Les minutes passant augmentant le risque d'hémorragie, il a fallu se résoudre à (aïe j'ai mal)... l'extraction manuelle. Pour faire court, la SF met la main et elle va chercher le steack, ouais. En bref, c'est la chose la plus douloureuse et désagréable que j'aie eu à subir de toute ma vie. A chaque fois qu'elle tirait dessus j'avais l'impression que la moitié de mon ventre était en train de se déchirer. La pauvre SF a réussi à en arracher un petit bout. Placenta: 1  / SF: 0. J'ai crié pour la première fois depuis le début de l'accouchement. Elle a réessayé puis a proposé à une collègue SF de tenter à son tour. Deux fois, deux horribles fois. Je me suis mise à chanter (ouais je chante pour évacuer le stress et la douleur apparement) Donc après un autre coup d'oeil à l'horloge (je voyais le TIC TAC TIC TAC elle va nous faire une hémorragie dans leurs yeux) elles ont annoncé qu'elles allaient appeler le gynéco de garde. J'ai crié pour la deuxième fois, un NON. J'avais réussi à expulser un bébé, c'étaient pas ces morveux de placenta et d'utérus qui allaient gagner et m'envoyer au bloc. J'ai demandé à la SF de réessayer, mon côté SM sans doute, et j'ai serré les dents très fort. Et alléluia, après un très très long moment - une bonne minute- hohé ça va, hein, la relativité, Einstein, toussa toussa- elle tenait dans sa main le saint graal. Je crois que Chéri m'a entendu soupirer de soulagement depuis la salle de soins. Je ne savais pas encore que j'allais subir ma première s*d*mie dans les minutes qui suivaient, sinon j'aurais différé mon soupir, tiens. Bah ouais, quasi une heure de poussées, un bébé de plus de 3,7kgs, merci l'épisio et les déchirures. La SF a dû vérifier que je n'étais pas déchirée à ce niveau là. Mais bon, à ce stade là, je m'en foutais. Elle m'a recousu pendant que je flottais entre grosse fatigue et grosse anémie. Une fois ma magnifique culotte filet enfilée (haha), Chéri est revenu et on a fait un gros dodo tous les 3 dans la salle d'accouchement, avant d'être virés quelques heures plus tard vers la chambre. Niveau récupération, ça va quand même bien plus vite que pour la césarienne, pas de sonde urinaire, quelques heures après mon accouchement je prenais ma douche toute seule et bien debout (bon avec quelques vertiges mais dûs à l'anémie) et je n'ai pas eu mal à l'épisio ni aux points de suture, c'était juste inconfortable. Ce qui est moins bien qu'avec la césarienne c'est niveau pertes, et l'impression de ne plus maitriser son périnée pendant quelques jours. Gros plus, la sortie de la mater à peine trois jours plus tard contre six pour ma césa, et c'est un vrai confort car le personnel de maternité a un très gros travail à faire sur le dérangement de la maman et du bébé. Etre réveillée/dérangée six ou sept fois dans une matinée (et à partir de 6h du mat) n'est pas très reposant, hein, et même plutôt rageant quand on a un bébé qui dort super bien et se fait réveiller à chaque fois.

Houlààààà elle est longue cette note non??